Je veux dire par là que rien de positif des mouvements de mai 68 sont mis en évidence...
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Documentaire de Patrick Rotman (France, 2007). 90 mn. Inédit.
Le film de cette année folle commence dans l’herbe « peace and love » au festival pop de Monterey (Californie) en juin 1967. Et finit par des morts tragiques comme autant d’espoirs refermés ou
d’illusions perdues : Martin Luther King (assassiné le 4 avril 1968), Bob Kennedy (le 5 juin 1968), Jan Palach, le jeune étudiant pragois qui s’immole le 19 janvier 1969, Che Guevara enfin, tué
dès le 9 octobre 1967 mais dont la dépouille christique habite la fin du documentaire comme l’échec meurtrier des engagements extrêmes. 1968, dont on ne retient souvent que la joie libératrice
des chahuts beatnik, fut aussi une année macabre. A part cette vision, sombre, il ne faut pas attendre ici de Patrick Rotman qu’il nous délivre analyses et explications.
Le propos de 68 est simple : construire, à partir des archives, la fresque haute en couleur de cette année lyrique et violente partout dans le monde, un moment unique dans l’histoire où les
révoltes se sont conjuguées, avec, au centre, la guerre du Vietnam. Dans ce contexte, la spécificité du 68 français, à la fois mouvement étudiant, social et ouvrier, et crise politique, semble
s’enliser un peu dans les détails. Mais le grand intérêt de 68 provient des images, pour la plupart en couleurs et issues des fonds américains. Montées dans la pulsation du rock, elles prennent
souvent la force de documents inédits. Insolites comme ce concert de Rachel Welsh en minijupe devant des milliers de GI au Vietnam, pathétiques comme le visage défait de Dubcek face aux caciques
soviétiques venus à Bratislava refermer le printemps tchèque, terribles comme la répression sanglante des émeutes des étudiants à Mexico…
Catherine Portevin
68 sera disponible en DVD (France Télévisions Distribution) à partir du 6 mai.
A lire aussi : Les Années 68, de Patrick et Charlotte Rotman (éd. du Seuil).
Catherine Portevin
Télérama, Samedi 5 avril 2008